Le pari de Fidel : un pays conçu à partir de sa jeunesse

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À Cuba, parler d’histoire, c’est inévitablement parler de sa jeunesse. Fidel Castro y trouvait non seulement la continuité, mais aussi l’élan, le renouveau et un sens de l’avenir. Cent ans après sa naissance, ce regard sur les jeunes continue de remettre en question et soulève des questions sur le rôle des nouvelles générations dans la construction du pays que celles-ci ont et souhaitent avoir.

Source : Cubahora Auteur : Yamaili Almenarez González 

Le 3 février 1975, Fidel visita l'école primaire de formation des enseignants Tania la Guerrillera, encore en construction, bien que des cours soient déjà donnés, puisqu'une partie de celle-ci fonctionnait avec 766 élèves, et elle était échangée avec des élèves et un enseignant
Le 3 février 1975, Fidel visita l’école primaire de formation des enseignants Tania la Guerrillera, encore en construction, bien que des cours soient déjà donnés, puisqu’une partie de celle-ci fonctionnait avec 766 élèves, et il échangea avec élèves et enseignants. Photo : Archives du journal Guerrillero

Fidel comprit très tôt que la jeunesse n’était pas un public d’accompagnement, mais une force décisive dans les processus sociaux. Il ne l’a pas réduit à un stade biologique, mais l’a adoptée comme une attitude envers la vie : non-conformité, recherche constante, capacité à questionner, volonté de transformer la réalité même dans les scénarios les plus complexes.

Dans ses discours et décisions, il défendait toujours l’idée que chaque génération a son temps, sa responsabilité et sa voix.

C’est pourquoi il faisait confiance aux jeunes pour lire les changements, affronter les difficultés et défendre les principes qu’il considérait essentiels. Pour lui, le sort de la Révolution reposait, dans une large mesure, sur la préparation, l’engagement et le sens des responsabilités de ceux qui y grandissent.

Cette vision ne resta pas sur le podium de la scène. Cela s’est traduit par des espaces réels de participation, dans des dialogues directs avec les étudiants, les travailleurs et les jeunes créateurs, dans des programmes engagés en faveur d’une formation complète et d’une culture générale solide.

Fidel supposait qu’écouter la jeunesse n’était pas un geste d’ouverture, mais une nécessité stratégique. De plus, il fit de ces nombreuses préoccupations ses priorités, conscient qu’elles définissaient aussi l’orientation du pays.

L’histoire récente confirme cette relation. Des salles de classe universitaires, centres de recherche et usines, aux quartiers, coopératives et contextes culturels, la présence des jeunes a été essentielle pour soutenir et relancer les projets sociaux.

À chaque étape, les nouvelles générations ont fait face à différents défis, marqués par des contextes économiques, technologiques et symboliques changeants, mais avec la même responsabilité de contribuer.

Cent ans après sa naissance, l’héritage de Fidel pour la jeunesse prend de nouvelles lectures. Dans un monde traversé par les plateformes numériques, les migrations, les tensions économiques, les changements de consommation culturelle et les défis sociaux complexes, le rôle des jeunes revient au centre du débat : comment les jeunes participent-ils ?, de quels espaces ?, avec quels outils ?, que rêvent-ils et qu’est-ce qui les inquiète ?

L’histoire montre que lorsque les jeunes s’engagent, des chemins s’ouvrent ; Lorsqu’ils sont sous-estimés, blâmés ou exclus, les fondations de tout projet collectif sont brisées. D’où l’importance de créer et de prendre soin d’environnements où l’on peut participer, proposer, créer et aussi questionner sans être pénalisé pour cela.

Regarder la jeunesse implique de se rapprocher de leurs codes et langues, de leurs modes d’organisation, de leurs références culturelles et de leurs aspirations. Cela implique de le reconnaître comme diversifié, connecté, créatif, et en même temps traversé par de nombreuses incertitudes : emploi, logement, accès aux technologies, opportunités d’épanouissement professionnel et personnel.

À ce point de rencontre entre l’expérience accumulée et le besoin de renouvellement constant se trouve un des clés du développement social. La mémoire des processus passés peut dialoguer avec les nouvelles façons de faire, de communiquer et de participer que les jeunes construisent aujourd’hui à partir des universités, des projets communautaires, des entreprises, des plateformes numériques et des espaces artistiques.

Au-delà du temps écoulé, une idée essentielle subsiste : l’avenir n’est ni une promesse lointaine ni un discours abstrait, mais une construction quotidienne. Dans cette construction, la jeunesse continue d’être le protagoniste, avec l’énergie, la créativité et la volonté de ceux qui commencent – encore et encore – à écrire leur propre histoire, cette fois en temps réel, entre les salles de classe, les réseaux, les rues et les projets qui regardent vers Cuba et le monde