Le pétrole cubain bientôt raffiné pour plus d’usages ?

Une fenêtre d’espoir s’ouvre

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On savait que les eaux territoriales cubaines entre l’île et la Floride contenaient du pétrole. Ce brut est très visqueux et difficilement utilisable pour les usages courants sans un raffinage.
Face à la crise actuelle, les scientifiques ont mis au point une technologie qui permettra ce raffinage, réduisant ainsi sa dépendance au pétrole fourni par les pays amis.
Souhaitons que la phase industrielle soit rapidement mise en place.

GD

La science cubaine développe une technologie pour raffiner le brut national

La Havane, le 25 avril (Prensa Latina) Le Centre de recherche pétrolière (Ceinpet) développe actuellement une technologie de thermoconversion permettant de traiter le pétrole brut cubain à haute densité et à haute viscosité.

Image libre de droits

C’est ce qui a été annoncé lors de la session d’avril du Conseil national de l’innovation (CNI), en présence du président cubain, Miguel Díaz-Canel.

Au cours de cette réunion, le chef de l’État a souligné qu’avec ce résultat, « nous avons brisé un tabou qui existait dans le pays, selon lequel le pétrole brut national ne pouvait pas être raffiné, ne pouvait pas être utilisé à d’autres fins et nous l’avions pratiquement condamné à être utilisé directement dans un groupe de centrales thermoélectriques ».

Les recherches menées par ce centre, rattaché à l’Union cubaine du pétrole (Cupet), constituent une alternative face à la pénurie de naphte provoquée par le durcissement du blocus américain, qui inclut un siège énergétique sans précédent, selon les informations fournies par la présidence de la République.

L’ingénieur Irenaldo Pérez, Directeur adjoint de Cupet, a expliqué que la thermoconversion améliore les propriétés du pétrole brut lourd et extra-lourd de la ceinture pétrolière nord en détruisant certains de ses composés les plus complexes par un chauffage contrôlé.

Cette technique, mise au point depuis des années par le Ceinpet, réduit la viscosité du pétrole brut sans qu’il soit nécessaire de le mélanger à de l’essence, un produit rare en raison de la pénurie de carburants imposée par Washington.

Les spécialistes prévoient d’installer une usine pilote à la raffinerie Sergio Soto, à Cabaiguán, dans la province de Sancti Spíritus, dans le but de transposer cette technologie à plus grande échelle et de développer cette innovation locale. Une deuxième étape consistera à mettre au point un procédé catalytique à partir de latérites cubaines afin de réduire la teneur en soufre.

Face à la grave pénurie de naphte, les experts de Cupet ont acheminé vers la raffinerie Hermanos Díaz, à Santiago de Cuba, un brut national séparé de moindre viscosité pour y être traité.

Les essais ont donné des résultats positifs : ils ont permis d’obtenir du diesel commercialisable, de l’essence servant de solvant réducteur de viscosité qui a assuré 15 jours de couverture pour la production pétrolière à Varadero, et du fioul commercialisable pour l’industrie énergétique et le nickel.

Díaz-Canel a rappelé ses appels répétés en faveur de solutions énergétiques propres et souveraines, fondées sur la science et l’innovation, tirant parti à la fois des sources renouvelables et du pétrole brut national.

Le chef de l’État a souligné que ce résultat provenait d’un centre de recherche du tissu entrepreneurial cubain, ce qui démontre la capacité de ces centres à apporter des contributions scientifiques.

« Il a été démontré que notre pays dispose de capacités scientifiques et d’innovation, qu’il est capable d’aborder des problèmes complexes dans une perspective scientifique et innovante, et de trouver des solutions à des problèmes stratégiques », a affirmé Díaz-Canel.

Le chef de l’État a également souligné que ces recherches avaient été menées sous la direction de cadres d’entreprise poursuivant des études de doctorat, ce qui constitue un élément indispensable pour le système de gestion gouvernementale fondé sur la science et l’innovation.

kmg/mks