Les BRICS remettent en question le monde unipolaire.

Cuba dans le contexte des BRICS.

Partager cet article facebook linkedin email

L’impérialisme américain, par la volonté de dollarisation des échanges mondiaux, cherche à maintenir une hégémonie unipolaire fictive. Toutefois les BRICS œuvrent pour un monde plus inclusif. Cette volonté a été confirmée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du Groupe à New Delhi, fin juin, où il a été convenu de promouvoir une structure plus inclusive de l’organisation, fondée sur la coopération pour le développement de ses membres. Une attention particulière a été portée au soutien de Cuba étranglée par le blocus.
DL

Les BRICS représentent 46 % du PIB mondial et 55 % de la population mondiale. Cette association a été fondée en 2006 par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. En 2011, l’Afrique du Sud a rejoint le bloc. En 2024, l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie, l’Iran et l’Indonésie s’y sont associés.
Cuba, la Bolivie, le Bélarus, l’Ouzbékistan, la Malaisie, le Kazakhstan, l’Ouganda et la Thaïlande en sont devenus partenaires
.

Le conclave s’est tenu sous la devise « Renforcer la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité  » et a démontré que la coopération au sein du groupe peut contribuer à relever les défis communs de manière équilibrée et inclusive.
La déclaration finale, qui définit la feuille de route du prochain sommet, contient 63 points témoignant d’une position consensuelle sur un éventail de questions mondiales et régionales. Son prochain sommet se tiendra en Inde en septembre 2026.

Renforcement des coopérations.

Les principaux sujets abordés comprennent le renforcement de la coopération économique entre les pays : le soutien à la Nouvelle Banque de développement, la mise en œuvre de projets conjoints dans les domaines de l’énergie, de l’industrie manufacturière, des infrastructures ou des technologies de pointe.
L’un des points clés a été l’appel à élargir le Conseil de sécurité de l’ONU afin de le rendre plus démocratique, représentatif et efficace. À cet égard, la nécessité d’accroître la représentation des pays en développement, notamment des pays BRICS, au sein du Conseil a été soulignée, ce qui devrait permettre aux pays du Sud de faire davantage entendre leur voix.
Priorité a été donné à la réforme du système économique mondial, pour assurer la sécurité alimentaire et la nutrition des peuples du Groupe, pour laquelle une bourse des céréales des BRICS serait créée.
Les ministres ont souligné le défi que représente le changement climatique, qui doit aller de pair avec la justice climatique pour ses membres, avec des engagements crédibles, un financement adéquat et un soutien accessible.
Contrairement aux pays qui ont rejeté la collaboration avec l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), comme les États-Unis et l’Argentine, les ministres des Affaires étrangères se sont félicités de l’approfondissement de la coopération dans le domaine de la santé, y compris dans le cadre de l’OMS, et ont souligné l’importance de systèmes de santé équitables, accessibles et durables, tout en réaffirmant leurs engagements dans de nouveaux domaines prioritaires, tels que la santé numérique et la médecine nucléaire.

Cuba dans le contexte des BRICS.

La réunion était de la plus haute importance pour Cuba, qui a pu dénoncer, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla, l’extension du blocus économique, commercial et financier, ainsi que les menaces d’agression militaire du régime du président Donald Trump.
Il a souligné qu’un blocus de seulement cinq jours engendrerait des dommages équivalents à 100 millions de dollars. Une quantité équivalente de carburant ne suffirait qu’à produire de l’électricité pendant 15 jours, même en cas de consommation réduite.
Il a ajouté que le blocus énergétique, imposé depuis le début de l’année, s’accompagne désormais de l’application de sanctions dites secondaires, à caractère extraterritorial marqué, à l’encontre d’entités de pays tiers qui opèrent ou ont opéré avec Cuba.
« Par cet acte criminel », a-t-il déclaré, « qui viole le droit international ainsi que les buts et principes de la Charte des Nations Unies, les États-Unis entendent imposer au monde entier l’obligation de se conformer au blocus contre Cuba, indépendamment de la souveraineté de chaque gouvernement et de la volonté de son peuple. »
Il a ensuite expliqué que seule une large et résolue coalition internationale permettrait de contrer efficacement les agissements dévastateurs des États-Unis à l’échelle mondiale, et que toute tentative serait vouée à l’échec si les États ne se laissaient pas intimider. Dans ce contexte, a-t-il souligné, la réforme de la gouvernance mondiale et du système multilatéral n’est pas une simple aspiration, mais une nécessité politique urgente et indispensable.
Dans la Déclaration finale, La Havane a reçu le soutien des membres des BRICS qui ont souligné la nécessité de mettre fin à toutes ces mesures restrictives.

Soutien particulier de la Russie

Un événement important, distinct des sessions des BRICS, a été la rencontre entre Rodríguez Parrilla et son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a réaffirmé la volonté de Moscou d’apporter son soutien à Cuba face au blocus imposé par les États-Unis.

Crédit M. LAVROV : premier.gov.ru Crédit M. PARILLA : Creative Commons 

Les ministres ont passé en revue les questions clés de l’agenda bilatéral et ont échangé leurs points de vue sur les problèmes régionaux et internationaux, réaffirmant leur position contre l’application de mesures de sanctions unilatérales qui contournent la Charte des Nations Unies. (…) «  Moscou a réaffirmé sa volonté d’apporter à Cuba le soutien politique, diplomatique et matériel nécessaire » , concluait le texte.
La réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS a réaffirmé la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer le multilatéralisme et a, dans le même temps, donné un coup de pouce à Cuba, assiégée, attaquée et bloquée par les États-Unis depuis plus de six décennies.