Les J.O. 2028 de Los Angeles déjà sous tension
Cuba pourra-t-elle participer ? L’histoire bégaie…

Décidément, on a de plus en plus de mal à croire que les Jeux Olympiques sont la fête de la fraternité. Bien sûr, la fraternité n’est pas dans les objectifs de finance. Les J.O. sont un gouffre financier pour les pays organisateurs. Mais quand la politique (de bas étage) s’en mêle, seul nous reste le dépit et la fête en est ternie.
Berlin en 1936 sous le régime nazi, Los Angeles en 1984 (déjà !) ont déjà connu des exclusions. Moscou en 1980 et Sotchi en 2014, boycottés par les Etats-Unis en tête suivis de leurs obéissants servants…
Déjà, 2028 s’annonce comme un problème. Si on considère les mesures « Trumpiennes » récentes refusant les visas d’entrée aux Etats-Unis à tous les dirigeants et fonctionnaires des pays qui collaborent avec Cuba notamment sur le plan de la santé, qu’en sera-t-il pour les J.O. ? Sans la participation de très nombreux athlètes, souvent parmi les meilleurs, les médailles risquent d’être des « médailles au rabais », non ? Jusqu’où vont se nicher les tripatouillages de la géopolitique !
GD
Los Angeles 2028 sous l’ombre de l’Oncle Sam
Par : Frank Martínez Rivero
Image créée à l’aide de l’intelligence artificielle avec Copilot.
Los Angeles, La Mecque du cinéma et de l’industrie du divertissement, s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire olympique en devenant, en 2028, la troisième ville au monde — après Londres et Paris — à accueillir pour la troisième fois les Jeux d’été.
Sous les feux de Hollywood et grâce à la puissance des grandes entreprises sponsors, la métropole californienne promet un spectacle médiatique sans précédent. Cependant, derrière l’éclat des anneaux olympiques qui couronneront bientôt l’emblématique panneau sur la colline, se cache une question inquiétante : Cuba, la petite île des Caraïbes qui défie depuis des décennies le plus long blocus de l’histoire, pourra-t-elle participer à cette compétition sportive ?
La mémoire collective garde encore en mémoire le spectacle anticommuniste orchestré à la veille des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 par le médiocre acteur qui est devenu Président des États-Unis et qui a abouti à la regrettable absence de l’Union soviétique et de plusieurs nations du camp socialiste, dont Cuba.
L’ombre de l’exclusion plane à nouveau sur les athlètes cubains, victimes récurrentes d’une politique migratoire et sportive américaine qui a atteint ces dernières années des niveaux d’absurdité intolérable. Les cas récents de délégations cubaines auxquelles des visas ont été refusés – y compris l’épisode embarrassant des jeunes joueuses de softball empêchées de participer à un tournoi de qualification à Porto Rico, ne sont pas de simples « erreurs bureaucratiques » mais les éléments d’un dispositif politique visant à marginaliser Cuba sur la scène internationale.
La délégation cubaine qui devait participer au tournoi de qualification des Caraïbes pour la Série mondiale de softball féminin des petites ligues, catégorie 9-10 ans, s’est vu refuser le droit de se rendre sur le lieu de la compétition en raison du refus de visa accordé à plusieurs de ses membres.
L’ambassade des États-Unis à La Havane n’a accordé des visas qu’aux 14 joueuses, refusant ce droit aux sept adultes chargés de mener le processus compétitif et de veiller à l’intégrité des filles, selon la Fédération cubaine de baseball et de softball (FCBS). Et ce n’est pas un cas isolé.
L’hypocrisie des États-Unis apparaît clairement lorsqu’ils parsèment leur rhétorique des couleurs de « l’inclusion » et des « droits humains universels », tout en soutenant des pratiques qui contredisent ces principes et violent de manière flagrante la Charte olympique, qui exige des pays hôtes qu’ils garantissent la participation de toutes les nations sans discrimination. Comment alors croire que Los Angeles 2028 sera une fête de l’unité, de la paix et de l’amitié entre les peuples du monde, alors que le gouvernement américain continue d’utiliser le sport comme une arme de pression politique ?
Le silence du Comité international olympique (CIO) face à ces faits brouille complètement les valeurs olympiques. Alors qu’il agit avec fermeté contre d’autres pays pour des raisons géopolitiques, il détourne le regard lorsque son principal sponsor, les États-Unis, applique un apartheid sportif à l’encontre de Cuba. La question se pose inévitablement : où sont les principes olympiques de neutralité et de fair-play ?
Depuis son siège opulent à Lausanne, le CIO garde un silence qui n’est pas diplomatique, mais politique. Et profondément partial. Alors qu’il sanctionne par l’exclusion les athlètes russes et biélorusses — même sous drapeau neutre — en raison du conflit en Ukraine, il ne condamne pas une seule fois Washington qui refuse des visas aux délégations cubaines, violant ainsi de manière flagrante le principe d’universalité consacré dans la Charte olympique. Pire encore : il reste silencieux face au génocide israélien à Gaza.
L’hypocrisie va jusqu’à permettre aux athlètes israéliens de concourir sous leur drapeau sans aucune restriction. Le message sous-jacent est clair : le CIO ne punit pas les crimes de guerre, mais ceux qui ne sont pas alignés sur l’Occident. En attendant, il préfère naviguer dans les eaux calmes de la diplomatie d’entreprise, où les contrats millionnaires avec les sponsors américains priment sur les droits des athlètes du Sud.
Si le CIO n’exige pas des États-Unis le respect sans restriction des principes olympiques, comme il le fait avec d’autres nations, Los Angeles 2028 ne restera pas dans les mémoires comme des Jeux de l’unité, mais comme la consécration du sport universel pris en otage par des intérêts géopolitiques.
L’obsession anti cubaine de M. Marco Rubio, qui murmure à l’oreille de l’actuel occupant du Bureau ovale, a fait du sport un otage supplémentaire de son agenda hostile. Sous l’administration de Donald Trump, cette politique s’est radicalisée, dénaturant l’esprit olympique et transformant le symbole de l’unité en un mécanisme d’exclusion.
À trois ans de l’échéance, le monde observe. Los Angeles 2028 ne sera pas seulement la plus grande fête du sport, mais aussi le reflet de son époque. L’héritage et l’esprit de Pierre de Coubertin seront mis à l’épreuve, tout comme les fondements de l’éthique olympique, face aux défis d’une époque marquée par une polarisation politique extrême.
Et Cuba, comme tant d’autres fois auparavant, devra les affronter avec la même ténacité et la même détermination que ses athlètes font preuve face à l’adversité et pour conquérir les podiums.
Espérons que Los Angeles 2028 ne sera pas envahie par l’esprit du « Make America Great Again », dans une émulation de la folie suprémaciste qui a marqué Berlin 1936. Et pire encore, que les politiques anti-immigrés et le profond mépris qui en découle ne reproduisent pas les scènes d’horreur regrettables vécues au Centennial Park pendant les Jeux olympiques d’Atlanta en 1996.