Les premières conséquences sur le tourisme des dernières mesures du président étasunien

Déjà en souffrance (avec en 2025 le pire résultat en termes de nombre de voyageurs internationaux —1,8 million depuis 2002, sans compter les années marquées par la COVID-19), le secteur touristique est directement impacté par la décision de Donald Trump de priver Cuba de pétrole.
Rappelons que le 29 janvier, le président Trump a renforcé les pressions sur Cuba en signant un décret présidentiel imposant des droits de douane supplémentaires sur les produits de pays qui, directement ou indirectement, vendent ou fournissent du pétrole à Cuba.
Dans cette situation, le gouvernement cubain a annoncé le 6 février une série de mesures « pour garantir la viabilité des services fondamentaux sans renoncer au développement ». Il a notamment été précisé que « le pétrole sera destiné à la protection des services essentiels pour la population et aux activités économiques indispensables ». Pour les secteurs générateurs de devises, et donc pour le tourisme, il est prévu une réduction de la consommation d’énergie « en adaptant les installations et en tirant parti de la haute saison actuelle (…), en regroupant les pôles de commercialisation les plus importants » suivant les termes du vice Premier ministre et ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers Oscar Pérez-Oliva Fraga, qui n’a pas pour le moment apporté plus de précisions.
Réorganisation des infrastructures
Concrètement depuis, le gouvernement a commencé à fermer certains hôtels de l’île et à transférer les touristes vers d’autres établissements. Cela touche principalement certaines installations touristiques situées dans la station balnéaire de Varadero (ouest) et dans les cayos du nord de l’île.
La chaîne hôtelière espagnole Meliá a annoncé de son côté une réduction de son offre hôtelière, en vue de s’adapter aux contraintes en matière d’approvisionnement et de demande. Il s’agit d’une décision opérationnelle « strictement basée sur les niveaux d’occupation » et qui concerne, pour l’instant, trois hôtels. Elle a été prise afin d’« optimiser les ressources » et de « garantir le meilleur service et la meilleure expérience possible aux clients » suivant des déclarations faites à l’agence EFE.
Les cafés, restaurants, petits commerce d’artisanat et autres activités annexes sont eux aussi bien entendu touchés.
Annulation de certaines liaisons aériennes
D’autre part, le gouvernement cubain a averti les compagnies aériennes internationales opérant sur l’île que, depuis cette semaine, le pays était à court de carburant pour l’aviation en raison du blocus pétrolier. La pénurie de kérosène touche tous les aéroports internationaux de Cuba, José Martí à La Havane, Juan Gualberto Gómez à Varadero, Jaime González à Cienfuegos, Abel Santamaría à Santa Clara, Ignacio Agramonte à Camagüey, Jardines del Rey à Cayo Coco, Frank País à Holguín, Antonio Maceo à Santiago de Cuba et Sierra Maestra à Manzanillo.
Ce n’est cependant pas la première fois qu’une telle situation se produit. Dans des circonstances antérieurs similaires, tant pendant la « période spéciale » dans les années 90 que lors de pénuries temporaires ces derniers mois, les compagnies aériennes avaient contourné le problème en réorganisant leurs itinéraires au départ de l’île avec des escales supplémentaires pour faire le plein au Mexique ou en République dominicaine.
Première conséquence de l’annonce gouvernementale, Air Canada a annoncé la suspension de ses vols réguliers vers Cuba. La compagnie assurait en moyenne 16 vols hebdomadaires vers l’île, le Canada étant l’un des principaux pays fournisseurs de touristes pour l’île avec plus de 754 000 visiteurs l’an passé. Elle a interrompu son service lundi 9 février, assurant des rotations spéciales afin de rapatrier quelque 3 000 passagers qui se trouvent actuellement à Cuba.
Les compagnies aériennes espagnoles ont indiqué qu’elles maintiendraient leurs opérations, mais avec des ajustements, notamment des escales techniques pour se ravitailler en carburant, comme Air Europa à Saint-Domingue.
Iberia a précisé que pour le moment il n’y avait aucune confirmation que la pénurie de carburant entraînerait l’annulation de ses vols entre Madrid et Cuba.
Air France de son côté a annoncé une escale de ravitaillement à l’aéroport de Tucumen au Panama à l’aller, les vols de retour restant directs.