Nouvel acte brutal et d’agression des Etats-Unis contre Cuba et son peuple !

Un article du quotidien L’Humanité du 30 Janvier 2026.

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Un article de Luis Reygada, publié dans le quotidien "L’humanité’ du 30 janvier 2026.

L’escalade se poursuit avec chantage et extorsion. Des actes d’une extrême gravité qui auraient pour effet, si cela se concrétise, "de paralyser la production d’électricité, les transports, la production industrielle, la production agricole, la disponibilité des services de santé, l’approvisionnement en eau… en bref, tous les domaines de la vie » selon le directeur de Prensa Latina.

« Cuba ne pourra pas survivre » : Donald Trump déclare l’île « menace pour la sécurité nationale » des États-Unis et prépare son asphyxie pétrolière

Le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le jeudi 29 janvier 2026.
© Aaron Schwartz/UPI/ABACAPRESS.COM

Le président républicain a signé jeudi 29 janvier un décret imposant des mesures qualifiées de « chantage » et d’« extorsion » par La Havane, qui dénonce « une agression brutale contre Cuba et son peuple ». La population de l’île pourrait se voir soumise à des conditions de vie extrêmes.

C’est un pas de plus et d’une intense brutalité dans la politique de pression de Washington visant à imposer un « changement de régime » à La Havane. Le président états-unien a signé ce jeudi un ordre exécutif autorisant l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les produits importés de pays qui fournissent directement ou indirectement du pétrole à Cuba.

Considérant « que les politiques, pratiques et actions du gouvernement cubain constituent une menace inhabituelle, extraordinaire et directe pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis », Donald Trump instaure une asphyxie pétrolière de l’île communiste, déjà privée depuis bientôt deux mois de l’or noir en provenance du Venezuela.

Seulement 15 ou 20 jours de réserves de pétrole

« Que cherchent-ils ? À commettre un génocide contre le peuple cubain ? », a dénoncé le directeur de l’agence d’information Prensa Latina, Jorge Legañoa. «  Si cela se concrétise, cela aurait pour effet de paralyser la production d’électricité, les transports, la production industrielle, la production agricole, la disponibilité des services de santé, l’approvisionnement en eau… en bref, tous les domaines de la vie », a-t-il déclaré dans un commentaire télévisé rapporté par l’agence EFE.

Dans un rapport préliminaire publié en novembre dernier, la rapporteuse spéciale de l’ONU Alena Douhan fustigeait déjà l’impact sur « tous les aspects de la vie » et sur les droits humains de la population cubaine causés par les sanctions imposées par Washington.

« Il semble que Cuba ne pourra pas survivre (à cette mesure) », a déclaré Trump à la presse jeudi soir, peu après la publication du décret. Interrogé sur le fait de savoir s’il essayait d’« étouffer » Cuba, il a estimé que ce mot était « très dur », mais a déclaré que l’île – qui traverse une terrible crise économique qu’on ne peut comprendre sans considérer l’impact brutal du blocus imposé à Washington – était « un État failli  ».

Des mesures justifiées par des arguments peu convaincants

Alors que de récentes estimations publiées par le Financial Times calculent que le pays caribéen ne disposerait que d’un approvisionnement pour 15 ou 20 jours, et que le Mexique, dernier important fournisseur de pétrole, semble avoir annulé une livraison suite à la pression nord-américaine, la situation énergétique pourrait devenir catastrophique dans l’île déjà soumise à des coupures d’électricité quasi quotidiennes. Frappée par un blocus depuis 1962, Cuba connaît depuis trois ans une pénurie de carburant qui a un impact féroce sur sa production électrique.

Le long décret signé par Donald Trump ne précise pas le montant des droits de douane qui « pourraient » être imposés : c’est le président lui-même qui en décidera au cas par cas après avoir reçu les rapports des départements du Trésor et du Commerce sur les pays responsables de ces approvisionnements. Pour justifier cette mesure qui va à l’encontre de l’appel à lever le blocus exigé tous les ans à l’Assemblée générale des Nations Unies par l’écrasante majorité de la communauté internationale, les États-Unis ont une nouvelle fois eu recours à des arguments extravagants.

Volonté de nuire aux États-Unis, espionnage, soutien à des pays hostiles, à des groupes terroristes transnationaux ou encore à des « acteurs malveillants parmi lesquels la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas et le Hezbollah »… Dans le document publié sur le site de la Maison-Blanche, le « régime communiste cubain » est aussi directement accusé de « soutenir le terrorisme et de déstabiliser la région par le biais des migrations et de la violence » ; il lui est aussi notamment reproché de « persécuter et torturer ses opposants politiques » et de « tirer profit de manière corrompue de la misère (du peuple cubain) ».

En octobre 2025, l’agence Reuters avait déjà révélé l’existence d’une campagne de discrédit menée par la diplomatie trumpiste à l’encontre du gouvernement dirigé par Miguel Díaz-Canel, l’accusant notamment de soutenir la Russie avec 5 000 mercenaires cubains sur le front ukrainien.

Pour Cuba, la seule menace à la stabilité hémisphérique est celle de Washington

Condamnant « avec la plus grande fermeté » le recours « au chantage et à la coercition » dans la nouvelle escalade des États-Unis contre son pays, le ministre des Affaires étrangères de l’île Bruno Rodríguez a fustigé sur X l’imposition d’« un blocus total sur les approvisionnements en carburant » s’appuyant « sur une longue liste de mensonges visant à présenter Cuba comme une menace qu’elle n’est pas ».

« Chaque jour, de nouvelles preuves montrent que la seule menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région, et la seule influence néfaste, est celle exercée par le gouvernement des États-Unis contre les nations et les peuples de Notre Amérique, qu’il tente de soumettre à sa volonté, de dépouiller de leurs ressources, de priver de leur souveraineté et de leur indépendance », a blâmé le diplomate Cubain.

Dans son message publié jeudi soir, Bruno Rodríguez a dénoncé un « acte brutal d’agression contre Cuba et son peuple », déjà victime du « plus long et le plus cruel blocus économique jamais imposé à une nation entière » et maintenant menacé d’être « soumis à des conditions de vie extrêmes ».