Nouvelle traduction du « Vieil homme et la mer » d’Hemingway, 65 ans après

« Le vieil homme et la mer » de Hemingway parut en France en 1952 chez Gallimard, traduit par Jean Dutourd. Quelque mois à peine après la sortie de la V.O, « The Old Man and the Sea » chez Scribner à New York.

« Le vieil homme et la mer » a été, et l’est toujours, le livre le plus vendu de Hemingway (21 juillet 1899- 2 juillet 1961), dans toutes les langues.

Pourtant, âgée de 65 ans, la traduction de Jean Dutourd (1920-2011) a fait aujourd’hui son temps. C’est l’éditeur Gallimard lui-même qui en a décidé ainsi. En 2012, Gallimard, en tant que détenteur des droits d’exploitation du roman, s’était opposé à l’écrivain François Bon. Jugeant « lourdingue » la traduction de Jean Dutourd, François Bon avait publié sur son site internet sa propre traduction du « Vieil homme et la mer ». Gallimard avait demandé et obtenu le retrait de ce texte.

La nouvelle traduction du « Vieil homme et la mer » (sortie le 4 mai prochain) est due à Philippe Jaworski, professeur à Paris-7 (mp).

Nouvelle traduction du « Vieil homme et la mer » d’Hemingway, 65 ans après

AFP

Publié le 25/04/2017/posté par Michel Porcheron

C’est presque un nouveau roman que les lecteurs francophones pourront découvrir le 4 mai en lisant dans une nouvelle traduction l’ultime roman publié de son vivant par Ernest Hemingway, « Le vieil homme et la mer », soixante-cinq ans après sa parution.

La seule traduction française disponible du texte, qui valut à l’écrivain américain le prix Pulitzer en 1953 et lui permit l’année suivante de décrocher le Nobel de littérature, était la version traduite par l’écrivain et académicien français Jean Dutourd.

Or, cette version était contestée par plusieurs écrivains et traducteurs spécialistes de la langue anglaise.

En 2012, l’écrivain François Bon, jugeant « lourdingue » la traduction de Jean Dutourd, avait p
ublié sur son site internet sa propre traduction du roman d’Hemingway, mais Gallimard, détenteur des droits d’exploitation du roman, avait demandé et obtenu le retrait de ce texte.

C’est Gallimard lui-même qui propose cette fois une nouvelle traduction de l’œuvre de l’écrivain mort en 1961.

La nouvelle traduction a été confiée à Philippe Jaworski, professeur de littérature américaine à l’université Paris 7 et éditeur notamment des œuvres d’Herman Melville, de Francis Scott Fitzgerald et Jack London dans la Pléiade.

Dans une préface éclairante sur le métier de traducteur, Philippe Jaworski explique que « c’est la nature du texte qui importe d’abord au traducteur ».

Alors qu’Hemingway emploie tout au long du récit des tournures grammaticales irréprochables, Jean Dutourd - qui maîtrisait parfaitement l’anglais - avait délibérément choisi de faire parler le vieux pêcheur Santiago avec un accent pittoresque totalement absent du texte original.

« La langue des dialogues entre Santiago et le garçon (...) ne comporte aucune des tournures familières, ni aucune des marques convenues de l’oralité auxquelles nous ont habitués les œuvres de fiction », souligne Philippe Jaworski.

’On a tenté dans la présente traduction d’accompagner presque mot à mot, dans sa respiration propre, la prose ente, solennelle, subtilement ouvragée, dans laquelle l’écrivain narre et chante l’aventure du vieil homme », ajoute-t-il.

De la même façon, Philippe Jaworski a respecté la volonté d’Hemingway d’user de répétitions « avec une insolente prodigalité ».

« Introduire des variations en français au moyen de synonymes pour éviter la répétition serait prêter au personnage ou au narrateur une habileté, voire une virtuosité linguistiques qui n’appartiennent pas au roman », s’est-il justifié.

Le résultat est stupéfiant. Le texte, considéré comme l’un des plus grands livres de la littérature américaine, retrouve dans son dépouillement extrême toute sa dimension héroïque et tragique (AFP)

Pour lire d’ores et déjà l’intégralité de la préface du traducteur (13 pages). Feuilleter le livre

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/Le-vieil-homme-et-la-mer2

(mp)