Pourquoi une telle inaction

Suite à un problème technique, cet éditorial n’a pas pu vous être présenté jeudi dernier, nous vous prions de bien vouloir nous en excuser.
Nous le publions aujourd’hui sous forme d’article.
Le comité de rédaction de Cuba Coopération
Les initiatives de coopération et de solidarité se sont multipliées depuis l’ordre exécutif du président étasunien qui, en voulant priver Cuba de tout approvisionnement en pétrole, vise à une quasi paralysie de l’économie de l’île avec des conséquences dramatiques pour la population.
En parallèle, nombreuses ont été les interpellations aux autorité françaises et européennes qui n’ont jusqu’alors pas annoncé d’action de soutien et de solidarité avec le pays et la population agressés. Si les gouvernements européens ont de nouveau condamnés l’an dernier à l’ONU le blocus étasunien (à l’exception cependant de la Hongrie alignée sur Washington et de plusieurs États d’Europe centrale et orientale qui se sont abstenus), on attend toujours les mesures concrètes de soutien.
En réponse à cette inaction plusieurs associations, dont Cuba Coopération, des syndicats, des responsables politiques et des élus locaux ont écrit au Président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pendant que des élus nationaux ont posé des questions orales ou écrites. C’est le cas notamment de Marianne Margaté, sénatrice de Seine et Marne, et de Stéphane Peu, député de Seine Saint Denis, lors de séances de questions au gouvernement dans leur assemblée respective, ou de Hadrien Clouet, député de Haute Garonne.
Il faut également signaler la tribune, publiée —en espagnol— le 20 février, de Serge Letchimy, président de la collectivité territoriale de Martinique. Il y prend position contre la politique de sanctions imposées par les États-Unis, dénonçant une « forme de barbarie moderne (…) qui s’exerce par le biais de sanctions économiques unilatérales » et rappelant la proximité historique, humaine et culturelle entre la Martinique et Cuba.
Les associations, syndicats, élus réclament l’acheminement urgent de nourriture et de médicaments, également d’équipements photovoltaïques, de matériel énergétique, voire de pétrole. Mais aussi l’activation par l’Union européenne de son instrument anti-coercition ou encore la demande d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, dont la France est membre permanent, pour prendre les mesures nécessaires pour aider la population cubaine.
De nombreux pays dont le Mexique, la Colombie, le Chili, le Vietnam, la Chine, l’Espagne ont décidé l’envoi d’aide humanitaire, le Canada annonce préparer un plan d’aide, alors que les dirigeants de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) réunis pour la cinquantième édition de leur conférence annuelle ont appelé mardi à « une action collective » pour soutenir Cuba. Pourquoi la France reste-t-elle à l’écart de cet élan solidaire ?