Résister face au blocus
Le 18 juin, l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire a approuvé 176 propositions de transformations économiques et sociales pour faire face à la situation, alors que Cuba, selon les termes même du Président Díaz Canel lors de son discours devant l’assemblée, « vit les heures les plus difficiles de ce siècle ». Ces propositions avaient auparavant été discutées lors d’une réunion extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba.
Les réformes ainsi actées portent sur tous les domaines de la vie du pays : accélération de la décentralisation, ouverture aux capitaux étrangers, y compris pour des secteurs stratégiques (en conservant pour ces derniers une présence majoritaire de l’État), élargissement du secteur privé avec par exemple l’augmentation du nombre d’employés autorisés pour les entreprises, mesures pour encourager la production agricole avec notamment l’usufruit des terres sans limite dans le temps, ouverture également dans le tourisme et les transports, possibilité de pluriemploi élargi, ouverture du secteur bancaire au privé, réorientation des aides de l’État en passant d’une subvention aux produits à une aide ciblée en fonction de la situation sociale des personnes, etc.
Nous aurons l’occasion de revenir sur ces propositions qui représentent un programme ambitieux dont la mise en œuvre pourrait s’avérer compliquée dans la situation actuelle.
Les réactions, favorables ou non, sont nombreuses dans le pays. Les interrogations portent notamment sur les options possibles à l’ouverture à la participation du capital privé, les répercussions sociales des mesures et le contrôle que pourra exercer la population sur leur mise en œuvre.
Sur ce dernier point, le Président de la République a d’avance précisé « Nous ne demandons pas [à la population] une confiance aveugle mais une confiance vigilante. Ayez confiance mais soyez exigeant ». Il reste que la situation d’asphyxie imposé par les dirigeants des États-Unis rendait nécessaire des réformes profondes, au-delà de ce qui avait été accompli jusqu’alors, et que le blocus pèse plus que jamais, chaque jour ou presque apportant de nouvelles restrictions et sanctions.
Le Président Díaz Canel s’est adressé sur ce point au gouvernement des États-Unis : « Nous disons au gouvernement des États-Unis, sans haine mais sans peur, si vous voulez vraiment aider le peuple cubain, laissez-nous vivre ! Laissez Cuba faire du commerce, laissez Cuba acheter ses médicaments, laissez Cuba importer son combustible, laissez Cuba recevoir les investissements, les crédits, les financements, avoir des relations normales avec ses émigrés et le monde. Laissez Cuba montrer au monde ce que son peuple est capable de faire quand aucun obstacle ne vient entraver ses efforts pour se relever ».