Un blocus bien réel
Comme le rappelle Roger Grevoul dans un article publié sur ce site le 23 septembre, le rapport présenté quelques jours plus tôt par le ministre cubain des Relations extérieures est accablant. Entre mars 2024 et février 2025, les préjudices du blocus étasunien pour Cuba ont augmenté de 49 % par rapport à la période précédente en raison des mesures additionnelles visant à durcir ce blocus.
Les dommages économiques pour 60 jours de blocus (soit une perte de1,6 milliard de dollars) sont équivalents au coût du combustible pour répondre à la demande du pays en électricité, 5 jours de blocus offriraient le financement nécessaire pour la réparation de plusieurs centrales électriques.
Ces exemples dans le domaine de l’énergie, l’un des principaux problèmes pour l’économie cubaine aujourd’hui alors que les coupures se poursuivent avec les conséquences dramatiques tant pour la vie quotidienne que pour le développement économique, pourraient être illustrés également dans les domaines de la santé, l’éducation, la culture, etc.
Oui, le blocus est bien réel et est aujourd’hui pour Cuba un problème central, même si des mesures prises à contretemps ou des problèmes internes non ou mal résolus ont aggravé la situation.
Que faire alors ? Certes, fin octobre, la quasi totalité des États votera la résolution présentée par Cuba condamnant le blocus (à l’exception, comme les années précédentes, des États-Unis, d’Israël et d’éventuels affidés) mais cette résolution n’étant pas contraignante, rien ne changera. Et, du fait du caractère extra-territorial de ce blocus, Cuba se verra empêchée d’acquérir nombre de produits, des investisseurs renonceront au marché cubain par peur de représailles, les envois de fonds pour des projets de coopération vers l’île seront toujours aussi difficiles. Faute d’un engagement politique résolu, notamment des pays européens, la condamnation du blocus restera purement formelle.
Dans un tel contexte, il nous semble plus que jamais nécessaire de poursuivre la mise en œuvre de nos projets de solidarité et de coopération dont nous vous rendons compte régulièrement dans cette lettre hebdomadaire, et pour ce faire, nous continuons à faire appel à vous.