Un enfant otage : Elian
Retour sur une vilenie des « gusanos » de Floride

En ce 25 novembre 1999, j’étais dans le bureau de la rédactrice en chef du journal Juventud Rebelde. Il devait être 23 heures…
Un appel venant de « chez Fidel » a soudain sonné le rassemblement…
A partir de cette nuit-là, ce fut la mobilisation générale pour faire revenir cet enfant chez lui, auprès de son père, après son enlèvement par sa mère qui avait choisi d’être une « balsera ».
L’émission télévisée bien connue « Mesa redonda » fut alors créée et animée par une psychologue, Carmen Rosa Baez Martinez avant que l’émission traite d’autres sujets d’actualité et soit confiée à Randy Alonso.
La mobilisation fut également l’objet d’une intense activité diplomatique et politique avec le ministère de la justice états-unien et avec le Président Clinton lui-même.
Cubadebate nous livre un entretien avec Elian, fier d’être cubain.
GD
Elián vit fièrement d’être fils du peuple cubain.
Par Ventura de Jesús Publié dans Cubadebate le 28 juin 2025
Il fut sans doute l’un des enfants les plus connus au monde à l’orée de ce siècle.
Son nom, Elián González Brotons, apparaissait chaque jour dans les principaux médias et était sur le bout de toutes les lèvres pendant plusieurs mois.
Il a été conduit de force à une sortie illégale vers les États-Unis sur la base de la Loi (états-unienne) de l’Ajustement cubain, dans une embarcation rustique qui, malheureusement, a fini par faire naufrage. Ce qui a coûté la vie à plusieurs personnes.
Photo d’archives
Après deux jours à la dérive sur une chambre à air, l’enfant a été secouru, vivant, devant Fort Lauderdale, le 25 novembre 1999.
Suite à cet événement insolite, le mineur a été placé sous la protection de parents éloignés vivant à Miami. Face à la demande légitime de garde de son père Juan Miguel González, la mafia cubano-américaine a rapidement agi pour empêcher le retour de l’enfant.Ce fut un long processus judiciaire, en violation du droit international et des propres lois américaines.
Le 28 juin 2000, Elián est retourné dans son pays, main dans la main avec son père, sept mois après une bataille diplomatique et une mobilisation populaire, avec l’accompagnement inconditionnel de Fidel, de qui Elián dirait plus tard : Il a été comme un père, jusqu’à ce qu’il devienne un ami.
Diplômé en Génie Industriel en 2015, le jeune de la ville matancera de Cárdenas est toujours caractérisé par sa simplicité et son humilité. Plus d’une fois, il a souligné que je n’étais pas le personnage central d’une histoire ni le protagoniste, j’étais une partie de l’histoire dont le protagoniste et le personnage central étaient le peuple.
À 25 ans de son retour au pays, que devient la vie d’Elián González et de sa famille ?
Actuellement, je travaille à l’Entreprise AT Comercial Varadero, en tant que directeur adjoint, et je continue à vivre dans ma ville natale, Cárdenas, avec ma famille. J’ai une fille de quatre ans. Son nom est Eliz ; elle porte les premières lettres de mon nom et de celle de sa grand-mère paternelle, Elizabeth.
L’école Marcelo Salado, dans la ville « bannière », est un endroit rempli de souvenirs liés à la bataille pour le retour de l’enfant Elián ainsi qu’en raison de la présence assidue du Chef de la Révolution. Après quelques années, comment vois-tu les enseignants et les enfants avec qui tu as partagé dans ton école primaire ?
Ce serait injuste de ne pas parler des enseignants qui m’ont accompagné durant le secondaire, mais le poids le plus important est sur la Marcelo Salado, où j’ai fait mes études primaires, pour ce qu’ils ont fait pour mon retour et pour m’aider à récupérer le temps scolaire perdu. Que je puisse avoir une vie normale était aussi grâce aux enseignants et à mes camarades de classe, qui m’ont fait me sentir chez moi à nouveau. J’ai pu conserver leur amitié .
Pour les professeurs, j’éprouve de la gratitude et du respect, ils m’ont formé et facilité ma réintégration.
Les grands-parents, comment ont-ils influencé ta vie ?
Le plus important est qu’ils ont toujours été là, même les grands-parents maternels que j’ai perdus jeunes et alors qu’ils auraient pu offrir tellement plus. Heureusement, mes grands-parents paternels sont vivants et ils ont beaucoup contribué à chaque étape de ma vie. Ils m’ont beaucoup aidé dans mes décisions et étaient toujours prêts à me soutenir dans les moments les plus difficiles.
Tu parles souvent de Fidel et de ce qu’il a signifié pour toi, même dans ton rôle de père. Sur quoi reposent ces sentiments ?
Ils perdurent dans l’admiration d’avoir fait sa connaissance et d’avoir partagé avec lui et de constater de près son incroyable capacité humaine et sa sensibilité ; quelqu’un qui se souciait de tous et des moindres détails.
Photo d’archives
Une partie de ce que je suis, je le dois à Fidel. Je savoure l’amour que les gens nous témoignent, à ma famille et à moi, et cela aussi, je le lui dois .
Que penses-tu aujourd’hui des manifestations populaires pour obtenir ton retour ?
Je crois que l’unité du peuple cubain dans sa juste revendication, ajoutée au soutien international, a été la clé pour que la justice triomphe ; des rassemblements systématiques, les marches du « peuple combattant » et les tribunes ouvertes, ainsi que le soutien de nombreuses personnes honnêtes à travers le monde et aux États-Unis mêmes.
Les manifestations pour mon retour, tout comme pour les Cinq Héros, montrent que dans la défense d’une cause juste, le peuple cubain est capable de s’unir et de vaincre. Un peuple qui, malgré les campagnes de l’ennemi, jouit d’un grand prestige et de respect. Un peuple qui s’engage et qui se bat, peu importe la sueur et le sang, si nécessaire. C’est pourquoi je suis fier d’être l’un de ses fils.
Ton père … ?
Photo d’archives
C’est la première personne à qui je pense quand j’ai un succès ou quand les choses se passent bien, tant au travail que dans la vie elle-même. Il est toujours là pour moi et pas seulement en tant que figure paternelle ; c’est mon frère, mon ami, mon principal modèle à suivre.
Photo d’archives