Etats-Unis et Cuba : Ebola ou le virus du rapprochement

dimanche 9 novembre 2014
par  RG

Américains et cubains collaborent dans la lutte contre le virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

Cuba y a envoyé des professionnels de la santé, les Etats-Unis des fonds pour construire des infrastructures. Les deux pays ont salué cette coopération. Les déclarations de part et d’autre tranchent en tout cas singulièrement avec ce à quoi nous étions habitués ces dernières années.

A quand une normalisation des relations entre les deux pays ? Une levée de l’embargo américain sur Cuba ?

S"’il le veut, Barak Obama ...

Dans la lutte contre Ebola,Cuba est le plus grand bailleur de fonds et le plus grand fournisseur de personnel médical qualifié. Et ils s’en félicitent : les Etats-Unis et Cuba. Le 17 octobre dernier, le secrétaire d’Etat américain John Kerry saluait dans un communiqué officiel, l’envoi de 165 professionnels de la santé cubains en Afrique de l’Ouest.

Depuis septembre 2014 les autorités de la grande ile caraïbe ont envoyé en tout 461 médecins et infirmiers en Guinée-Conakry, au Libéria et en Sierra Leone. Un effort salué internationalement. Le même jour, Fidel Castro, ancien président cubain et critique éternel des Etats-Unis, répondait dans le journal cubain Granma. Son pays « collaborerait volontiers avec le personnel nord-américain » pour endiguer la pandémie Ebola.

Et voilà deux ennemis historiques qui se donnent la main. On parle çà et là d’un changement d’attitude. L’éminent New York Times, dans un éditorial récent, va jusqu’à plaider pour la restauration des relations diplomatiques avec Cuba. Ce qui rejoint en fait, une opinion de plus en plus dominante au sein-même de la population américaine. Un sondage d’Atlantic Council révélait en février dernier qu’une majorité d’Américains étaient favorables à une normalisation des relations avec Cuba. Mieux, les habitants de Floride, bastion anti-Castro de l’exil cubain, sont eux aussi partisans à 63 % d’une telle normalisation.

Pas si vite

Les relations bilatérales sont loin d’être au beau fixe. Dans le cadre de la collaboration actuelle entre les deux pays, il est encore des voix qui protestent. La participation d’un fonctionnaire des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies - les fameux CDC - à une réunion internationale de deux jours à Cuba à été qualifiée de « honte » par un député américain.

Les relations entre les Etats-Unis et Cuba, c’est encore : aucune relation diplomatique officielle, un embargo à l’égard de Cuba par les Etats-Unis en cours depuis plus de 50 ans ; une liste américaine des « quatre pays finançant le terrorisme » sur laquelle figure Cuba, aux côtés de l’Iran, du Soudan et de la Syrie.

Le 28 octobre, l’assemblée générale des Nations Unies se prononçait contre l’embargo sur Cuba. Ou plutôt, en faveur d’une résolution prônant la « Nécessité de lever le blocus (…) exercé contre Cuba par les États-Unis d’Amérique ». 188 voix pour. Deux voix contre : les Etats-Unis et Israël. Deux voix qui suffisent pour que l’embargo ait toujours cours.

L’obstacle Alan Gross

Depuis 5 ans, Alan Gross, un sous-traitant du gouvernement américain, qui travaillait sur un programme secret censé élargir l’accès à Internet sur l’île, est détenu à Cuba. Il purge une peine de 15 ans pour actes contre l’intégrité de l’Etat. Des pourparlers visant sa libération ont déjà échoué, réduisant les solutions possibles. Aujourd’hui, la piste la plus crédible semble un échange de prisonniers : Alan Gross contre trois espions cubains enfermés aux Etats-Unis depuis 2001, parfois jugés dans des conditions discutables.

Un tel échange de détenus ouvrirait peut-être la voie vers le rétablissement de liens diplomatiques. Casserait un cycle de 50 ans de sabotage et de méfiance réciproques. L’inverse par contre serait une catastrophe pour ceux qui plaide pour une levée de l’embargo et un retour « à la normale ». Le problème : l’état de santé d’Alan Gross se dégrade dangereusement.

Nous n’irons donc pas jusqu’à partager l’optimisme de Cicéron (« C’est dans l’adversité que se révèlent les vrais amis »). Mais à l’heure des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, n’oublions pas que les deux années qui viennent permettront à Barack Obama, si pas d’avoir les mains totalement libres, au moins d’avoir la possibilité de modifier certains aspects de la politique américaine à l’égard de Cuba, sans craindre de conséquences électorales.

Maxime Paquay


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