L’AGRICULTURE « DE PRÉCISION » à CUBA : « LES SALADES PROTÉGÉES »

Publié le 9/09/2018 Site : Trabajadores. Organe de la centrale des travailleurs de Cuba .(CTC)

Avec la technologie des cultures protégées, une partie importante de la production des salades consommées dans le secteur touristique est garantie ; pendant les mois d’octobre à juin, la production de tomate, concombre, poivron et melon couvre cent pour cent de la demande, mais en été les rendements baissent et il faut importer quelques produits.

Produits de qualité supérieure pour la vente dans les zones touristiques. Photo : Agustín Borrego Torres 

Malgré les essais réalisés dans différents types de maisons de culture ou entreprises agricoles, c’est à partir de 2001 que, sous la conduite du Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, commença à décoller cette agriculture dite « de précision » : on mit au point un programme de 42 hectares dans diverses régions du pays, pour pallier aux dégâts occasionnés par les phénomènes météorologiques .
C’est dans les entreprises agro industrielles de Victoria de Girón, Matanzas, Ceballos et de Ciego de Avila, que se trouvent les plus grandes plantations. Les meilleurs rendements sont obtenus depuis cette dernière province jusqu’à Pinar del Río, où le climat leur est plus favorable .

Les cultures protégées exigent un travail et une technologie de précision. Photo : Agustín Borrego Torres.

Beaucoup d’amour.

Sans aucun doute, la production de légumes et condiments dans ces « maisons de culture » éveille la motivation des jeunes qui intègrent les programmes de formation dans l’agroalimentaire .
L’entreprise agro industrielle Victoria de Girón semble être un régal, « un rayon de miel » pour ceux qui sortent de l’Institut Polytechnique César Escalante et de l’Université de Matanzas ; là, ils expérimentent, se spécialisent tout en collaborant au processus de production.

« Je suis devenu ingénieur agronome par vocation et suis tombé amoureux à première vue des cultures protégées, qui exigent une technique très élaborée et la marge d’erreur est minime ; elles ont des cycles courts et de des rendements élevés » affirme Yeniskel Cepero Vera, directeur de l’Unité d’Entreprise de Base (UEB) des « Cultures Protégées » de la Victoria de Girón .

« Le poivron fait partie des cultures les plus agréables, mais le concombre pousse de 10 a 15 centimètres par jour et la récolte se fait au bout de 12 jours ; ici le travail d’ingénierie est évident ; c’est mon seul lieu de travail depuis que j’ai obtenu mes diplômes il y a onze ans, et j’occupe ce poste depuis 4 ans. »

« La tomate est la principale culture, avec des productions qui tournent autour de 800 à 1200 tonnes par an, suivie par la récolte d’environ 400 tonnes de poivron, autant de concombre et 50 autres tonnes de melon, auxquels s’ajoutent l’aubergine, la blette, le chou, la laitue, et d’autres végétaux à feuilles » nous a expliqué l’ingénieur.

La tomate fournit les plus hauts rendements à Jagüey Grande. Photo : Agustín Borrego Torres.

Dans cette structure, située à Jagüey Grande, on cultive 15,31 ha dans 145 établissements ou maisons de production et deux serres pour les semis, réparties en 4 modules, séparées de 20 km de distance, en prévision des dégâts provoqués par les fréquentes tempêtes locales qui se déchaînent en un instant et mieux vaut prévoir les dégâts explique Yeniskel, qui travaille entouré d’autres employés épris de ce type d’agriculture.
« Ces productions sont destinées à l’unité de commercialisation pour la vente en zone touristique qu’elle gère et dont les principaux pôles sont Varadero, La Habana, et Ciénaga de Zapata, et jusqu’à une partie de Villa Clara et aux Cayos de Avila. »

Cultures hors sol .

Une autre idée de Fidel fut d’employer la zéolite [1] comme substrat dans les maisons de cultures protégées, ce qu’on appelle culture hors sol. C’est Dagoberto Prieto Gómez, directeur du secteur agroalimentaire de l’entreprise Victoria de Girón, appartenant au Groupe d’Entreprises Agricoles, qui a fourni le maximum d’informations à ce sujet.
« Nous avons été les premiers à éliminer l’utilisation du bromure de méthyle, si dommageable à l’environnement, pour le contrôle des épidémies et des maladies, en utilisant la zéolite, à la place de la terre ou de la matière organique ; il y a des centres qui pratiquent ceci depuis 15 ans et atteignent des rendements constants de plus de 80 ou 90 tonnes /ha, pour la tomate. Aussi nous avons ajouté 7 autres ha et voulons arriver à cent pour cent ».
« Il y a 18 raisons pour lesquelles nous défendons la zéolite, entre autres l’économie de temps ( elle réduit le temps de préparation des sols et avance de plus de 20 jours le cycle productif des plantes) ; et de moyens, car les désinfections du sol sont locales, là ou apparaît l’infestation ou maladie, et non dans toute la plantation ».
Voici l’explication d’un jeune ingénieur Yadir Valdès, spécialiste de la nutrition à l’UEB et qui travaille dans le module de San José de Marcos, au sujet d’une composante importante de l’agriculture de « précision » :
« Les systèmes d’irrigation sont automatisés, avec l’irrigation au goutte à goutte et irrigation fertilisante, technologie utilisée dans le monde, avec des formules simples de fertilisants soumis à une évaluation afin d’apporter à la plante les nutriments adaptés à sa physiologie et à la production. »
Grâce à la combinaison de ces technologies, dans l’entreprise on obtient des rendements de 90 a 100t/ha ; un peu plus en hiver : la tomate jusqu’à 150t/ha, ( avec une baisse de 40t/ en été), le poivron 80t/ha,/ toute l’année et le concombre entre 110 et 120.
Parmi les impératifs imposés à la structure, on trouve la rotation des cultures, qui permet de mieux exploiter l’espace et de récolter tout au long de l’année ; et aussi la rationalisation des frais pour que la rentabilité puisse assurer des salaires de l’ordre de 1200 à 1500 pesos mensuels aux travailleurs qui reçoivent une rémunération en fonction des résultats de leur travail .
Alexei Elizalde, secrétaire général de la section syndicale de San José de Marcos signale qu’ils n’ont pas trop de problèmes pour faire leurs journées, cependant, il considère que le mauvais état des toits dans les structures sous serres sont un frein pour obtenir de meilleurs rendements, bien que dans les plantations en plein champ ils plantent des cultures plus résistantes aux fortes températures, et qui sont toujours un plus.
Dans l’UEB Cultivos Protegidos de la Victoria de Girón il y a des techniciens de niveau moyen en stage qui font leurs études d ’ingénieur à l ’Université de Matanzas, comme Katia Casanova, et même des fondateurs de cette agriculture comme Yordani Delgado ; ils sont complémentaires dans ce secteur qui ne produit pas de fruits, mais des salades de grande qualité, très demandées sur le marché et à bon prix .

Moderniser avec précision.

La semence que nous utilisons est importée et certifiée pour son haut potentiel productif, dit Anzardo. Photo : Agustín Borrego Torres

Juan Carlos Anzardo, directeur de Cultures Protégées du Groupe Agricole, ajoute que ce programme se modernise « On est en train d’installer les 17 premiers modules d’irrigation automatisés produits à Cuba, et dans une 2° étape, l’Entreprise d’Automatisation Intégrale ( CEDAI) apportera une technologie supérieure, et s’occupera du montage, et de l’ assistance technique. On doublera la surface cultivable car la demande augmente.
« Il faut installer des serres plus hautes et mieux ventilées pour augmenter les rendements ; aujourd’hui dans le monde, ça tourne autour de 300t/ha, et à Cuba on est arrivé à 148.
Aujourd’hui le problème le plus sérieux de cette technologie c’est le manque de pièces de rechange, aussi nous avons 2 sortes de modules : l’arrosage automatique et manuel, et on travaille au montage de mini entreprises pour transformer les excédents de production.
Ce système d’agriculture comprend 122 ha de stuctures (maisons de culture). En fin de campagne, en mai, le plan de production a été supérieur de 3% aux prévisions, mais a baissé fin juillet de 87%, en raison des dégâts provoqués par de fortes pluies dans la région centrale. On récolte 9000 tonnes dans le pays, dont 7400 dans les structures du Groupe Agricole ».

NdT :
Impressions de Claudia et Bernadette (technicienne)
Tout d’abord l’agriculture dite de « précision » à Cuba : ce type là intègre des techniques de cultures hydroponiques, organoponiques, biologiques dont le but est de donner le maximum de production en s’adaptant à différents types de milieux sous serres ou en plein air.
Cet article est long, mais intéressant, car il donne de bons exemples des efforts réalisés pour développer l’agriculture « de précision » à tous les niveaux : formation, recherche, application, dans les casas de cultivo, gestion, donc impératifs de production, malgré le problème de fourniture en modules d’’irrigation, mais nous éclaire aussi sur les futurs projets pour arriver à une autonomie technique avec les « modules et à la création des outils de transformation des excédents agricoles .. : conserverie ...


www .trabajadores.cu /20180909/en...

[1zéolite : Deux cents ans après leur découverte par Cronstedt en 1756, les zéolithes minérales (ou naturelles) sont considérées comme des constituants mineurs des roches basaltiques et volcaniques sans réelle application. À la fin des années 1950, les découvertes géologiques majeures révèlent l’ampleur des gisements de zéolithes naturelles dans les dépôts sédimentaires aux États-Unis d’Amérique. Ainsi, quelques zéolithes présentes en quantités importantes et très proches de dépôts minéraux d’importance commerciale, commencent à être commercialisées comme adsorbants. On exploite donc la chabazite, l’erionite, la mordénite et la clinoptilolite en quantité industrielle.

Le Japon devient le plus gros utilisateur des zéolithes naturelles. La mordénite et la clinoptilolite sont utilisées comme adsorbants dans les opérations de séparation, de déshydratation et de purification de l’air. Les zéolithes naturelles trouvent aussi des applications dans l’industrie papetière, dans les ciments et les bétons, dans les engrais et comme additif alimentaire pour le bétail. Cette dernière application représente le plus gros débouché en volume pour les zéolithes naturelles. Source Wikipédia.


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