Acuse de recibo

lundi 27 mai 2019
par  Traduit par Gonzalo Dorado

Le journal Juventud Rebelde fait partie des médias les plus lus à Cuba. « Acuse de Recibo » (Accusé de réception) est une rubrique du journal. Celle-ci est un courrier des lecteurs, souvent critique, rapporté quasiment in-extenso et commenté ou résumé par le journaliste. Cela nous permet, à nous amis de Cuba et des Cubains, de toucher la réalité quotidienne de façon plus détaillée et « vraie », loin des poncifs partisans, qu’ils encensent ou dénigrent cette réalité. On pourrait dire : les exagérations ne sont jamais la porte vers la vérité… Nous en livrons ci-dessous quelques exemples. Morceaux choisis.

Inquiétudes de puéricultrices
Publié le Jeudi 11 avril 2019

Maria de los Angeles Fall Suarez qui encadre, à Camagüey, une équipe de 12 travailleuses à leur compte qui exercent l’activité d’Assistante pour l’attention éducative et les soins de jeunes enfants (NdT : Assistantes maternelles), nous fait part de certaines de leurs inquiétudes.

Elles rappellent que la Résolution 179/2018 du MINSAP (Ministère de la Santé Publique) sur les critères requis pour obtenir l’agrément sanitaire précise que les ustensiles sanitaires que l’on utilise pour les enfants doivent avoir une surface lisse et imperméable, sans déchirure ni défauts, sans possibilité de chute, avec de bonnes conditions d’hygiène, adaptés à la taille des enfants et disposer d’au moins un appareil pour 15. Ceci exclut la possibilité d’utiliser les urinoirs traditionnels (NdT : les « pots »).

Elles indiquent que les inspecteurs sanitaires qui les suivent – professionnels et aimables- leur ont confirmé qu’elles doivent disposer de petites cuvettes dans les toilettes pour que l’on puisse leur donner l’agrément sanitaire.

« Si c’est ainsi, disent-elles, où peut-on s’en procurer ? Nous avons fait le tour de certains commerces de Camagüey qui vendent ce type d’article et on nous affirme que l’on n’en trouve pas depuis des années. Donc, que va-t-il se passer pour notre activité ? Cela signifie que seules pourront poursuivre celles qui pourront importer les ustensiles sanitaires ? Pourquoi ne pas continuer à utiliser les « pots » que l’on a toujours utilisés sans aucun problème d’hygiène ?

Nous accompagnons les plus grands qui vont aux toilettes. Nous avons rempli nos obligations d’analyses correspondantes ainsi que les enfants que nous gardons, y compris les membres de nos familles. En matière d’hygiène, nous n’avons pas lésiné pour appliquer les mesures à notre portée.

De plus, chez eux, les enfants utilisent des « pots » jusqu’à avoir la taille et l’âge suffisants pour utiliser les toilettes normales de la famille.

Même ainsi, nous n’avons pas toutes la possibilité de mettre une cuvette supplémentaire dans les toilettes compte tenu de la place disponible. Nous sommes des travailleuses avec plus de dix ans d’activité et nous arrivons à l’âge de la retraite. Et nous nous trouvons maintenant dans cette contradiction. S’il vous plaît, nous avons besoin d’une réponse des autorités compétentes car cela nous paraît être une mesure arbitraire et sans lien avec la réalité », concluent-elles.

La proposition du client a été entendue
Publié le Jeudi 11 avril 2019

Tomas Diaz Guerra nous a livré le 15 mars dernier de Colon, province de Matanzas, ses inquiétudes à propos du compte qu’il a ouvert à la Banque Populaire d’Epargne (BPA) dans cette localité en tant que travailleur à son compte.

Il précisait qu’il avait fait deux dépôts correspondant aux mois de janvier et février de cette année. Le problème fut pour transférer cet argent sur la carte magnétique directement avec la spécialiste commerciale de la succursale. Il a du faire deux fois la queue, l’une pour déposer l’argent à la caisse, l’autre pour rencontrer la spécialiste. Et comme cette dernière est parfois occupée avec un autre client, le délai de la procédure s’allonge.

Il a fait une suggestion : « Pourquoi ne peut-on passer automatiquement le dépôt du compte bancaire sur la carte magnétique, dans la limite des deux quotas prévus par la Résolution, sans voir la spécialiste ? Je gagne du temps, j’en ai besoin pour mener mon affaire et la spécialiste aussi qui disposerait de plus de temps pour recevoir d’autres clients ». Au passage, il reconnaissait le professionnalisme et l’amabilité de la spécialiste et le bon accueil qui prédomine dans cette banque.
En réponse, Horacio R. Navas Fernandez, Président de la BPA nous dit être d’accord avec Diaz Guerra quant à assouplir les procédures pour transférer des fonds du compte bancaire sur la carte magnétique associée.

Il indique que la suggestion du client a été généralisée pour application à toutes les agences BPA du pays : le transfert automatique se fera avec la périodicité et les montants préalablement prévus à la demande du titulaire du compte. Il ajoute que Diaz Guerra a commencé à utiliser cette procédure quelques heures après avoir rédigé son courrier à Juventud Rebelde. « Et nous le remercions de sa suggestion », a conclu le Président de BPA.

Démarche interminable
Publié le 6mai 2019

Le petit journal rédigé par Idelisa Medina Grille pourrait servir de scénario à un film de Tomàs Gutiérrez Alea. Le sujet en est les délicates et interminables démarches pour actualiser la propriété de sa mère défunte qu’elle a commencées le 30 juin 2016 et qui n’ont pas encore trouvé de conclusion.

Idelisa, qui habite (…) dans le quartier La Cuba, localité de Palma Soriano à Santiago, a parcouru cette municipalité pendant presque trois ans pour transférer la propriété de la maison à son nom, en passant par le « Bureau collectif »(1), le notaire, les Directions du Logement et du Cadastre sans parvenir à aucun résultat dans le diabolique labyrinthe bureaucratique, marqué par des irrégularités et des bricolages.

Elle indique que le 26 septembre 2018, enfin, au Cadastre on lui remet tous les documents et on l’invite à se rendre au Bureau du Logement pour y continuer le processus de la nouvelle propriété.

Idelisa s’y rend et elle est reçue par une fonctionnaire dénommée Susel. Celle-ci regarde les documents et lui dit que la déclaration des héritiers et les actes de dernières volontés ne sont plus valables. Elle lui indique qu’elle doit demander un acte de naissance de sa mère et avec cela, retourner au Cadastre pour corriger les erreurs au nom de la défunte. Elle demandera en plus un certificat de décès et elle le fournira au « Bureau » pour redemander les actes de dernières volontés.

Idelisa règle tout cela et le 30 novembre, elle est reçue au « Bureau » par Dolorès, qui lui fait un nouveau contrat et lui dit d’attendre entre 15 et 20 jours.

On lui remet le document le 10 janvier 2019 et munie de ce dernier, elle va chez le notaire le 15. Là, la notaire Vivian lui dit que ce document n’est pas conforme, ce qu’elle n’a pas pu savoir en quoi, qu’il fallait retourner au « Buffet » pour en faire une nouvelle demande.

Ce même jour, au « Buffet », Dolores lui fait un nouveau contrat avec l’attente consécutive de 20 jours. Le 12 février, Dolores lui dit que la déclaration des héritiers était caduque. Elle doit retourner chez le notaire et demander Maria car c’est elle qui avait rédigé la déclaration et en cas d’absence, cela peut être fait par son supérieur.
Le 19 février, Maria n’a pas encore repris son travail. Idelisa rencontre le responsble de l’étude qui lui dit qu’elle doit attendre la notaire Maria. Idelisa attend donc. Le 12 mars, Maria regarde les documents et dit que tout est bien mais que la validité du document est dépassée. Elle va donc en refaire la demande mais devra attendre pas moins de 20 jours.

Le 1er avril, Maria lui montre que la demande a été faite et qu’elle devra retourner au « Buffet » après le 9 de ce mois avec le certificat de décès pour que Dolores ou Ana Digna lui refasse le contrat.

Elle se rend au « Bureau » le 10 avril et Dolores n’est pas là. Elle est reçue par Elisabeth, la responsable technique. Elle vérifie et le document n’est pas arrivé. Elle lui suggère de revenir le 18 avril. Ce que fait Idelisa. Elle est reçue par Elisabeth qui lui indique que ce serait mieux qu’elle attende le retour de Dolores le 23.
Ce jour-là, l’agent d’accueil lui dit que l’arrêt maladie de Dolores a été prolongé. Idelisa s’adresse alors à Elisabeth lui demandant d’être reçue par une autre technicienne. Elle l’oriente vers Ana Digna qui, après lui avoir expliqué l’affaire, dit qu’il serait préférable d’attendre le retour de Dolores mais qu’elle va quand même la recevoir, que c’est une affaire longue à traiter et qu’il lui faut s’acquitter de deux timbres de 5 pesos.

Ana Digna sort du bureau et quand elle revient, elle voit Idelisa en train d’écrire sur un petit carnet. Celle-ci tente de lui expliquer pourquoi elle fait cela mais Ana Digna se vexe, dit qu’elle regrette mais qu’elle devra attendre le retour de Dolores.
« En vérité, dit-elle dans son courrier, je ne suis pas retournée au « Bureau ». Les cubains ordinaires sont trop maltraités comme c’est mon cas : j’ai 64 ans et je suis déficiente visuelle. Je ne sais pas si c’est utile de continuer les démarches mais je crois qu’il faut analyser pourquoi des personnes ne savent pas travailler avec le public », conclut Idelisa.

La bureaucratie continue. Elle est dure à vaincre.

(1) L’Organisation des « Bureaux collectifs » est une entité autonome professionnelle d’intérêt social avec son propre patrimoine et personnalité juridique et figurant dans le Décret-Loi N° 81 du 8 juin 1984 du Conseil d’Etat. Elle est constituée de juristes volontaires qui se spécialisent dans la représentation de personnes naturelles ou juridiques dans tous les domaines du Droit. Les juristes membres de l’Organisation sont des avocats qui dans l’exercice de leurs fonctions sont seulement soumis au respect de la loi. La riche histoire de l’avocat à Cuba date de l’époque de la colonisation et constitue la génèse des « Bureaux collectifs » créés en 1964.

Ils expliquent pourquoi certains bureaux de change ont fermé
Publié le 7 mai 2019
Le 12 avril dernier, Zoila Rosa Rodriguez qui vit dans la municipalité de la capitale Place de la Révolution, se plaignait dans ces lignes : plus de cent personnes âgées retraitées et bénéficiaires de la Sécurité sociale n’ont plus accès à la Cadeca toute proche située dans la rue 19, entre A et B, dans le Vedado, la seule existante dans le secteur et cela pour cause de fermeture.
Cette dame disait qu’avec cette fermeture dont les délégués des différentes circonscriptions n’étaient pas informés, les anciens devront aller à des distances impossibles à parcourir pour eux, traverser des rues à fort trafic pour pouvoir percevoir leurs pensions. Ils demandaient ainsi d’annuler la mesure.
Sur ce sujet, Nilber Acuña Aguilar, Directeur territorial des Bureaux de change S.A.(Cadeca) à La Havane a répondu. Il commence son explication par dire que « cette dernière est une entité financière mais non bancaire dont la mission fondamentale est l’achat et la vente de monnaies aux particuliers bien qu’au cours de ces dernières années d’autres missions de paiements et d’encaissements aient été ajoutés pour le compte de tiers afin de faciliter les opérations courantes de la population et de certaines entités.
Il ajoute « que ces dernières semaines, ils ont du fermer 14 bureaux qui fonctionnaient dans les conteneurs (NdT : type « Algeco ») compte tenu de leur mauvais état après plus de 20 ans de fonctionnement.
Ces conteneurs ne réunissaient plus la sécurité indispensable des fonds et ne disposaient pas de conditions sanitaires suffisantes pour les employés. De plus, dans ces bureaux, les missions étaient de faible niveau ce qui générait des pertes pour l’entité. Dans certains d’entre eux, des effractions nocturnes par des malfaiteurs ont été constatées.
(…)
Toutes les fermetures ont été notifiées au moment opportun aux différentes municipalités, la population a été préalablement informée de la date de fermeture par affiche ainsi que le bureau le plus proche où se rendre ».
Depuis des années, des échanges avec les municipalités ont lieu afin de trouver des locaux inutilisés.
« Notre aspiration, affirme t’il et c’est sur quoi nous travaillons aves les présidents des gouvernements municipaux, c’est d’obtenir des locaux que nous adapterions pour maintenir la présence de nos bureaux et élargir la gamme de nos services là où la population compte sur nous ».
(…)
Acuña en profite pour informer les clients de Cadeca : « Si ce type de situation dans les services rendus se produit, nous apprécieront qu’ils nous tiennent informés pour clarifier les informations et apporter ainsi la bonne réponse ».



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