Elpidio Valdés revient à la charge

El Païs Mauricio Vicent La Havane - 31 AOÛT 2020
mercredi 7 octobre 2020
par  posté par Yves Flageul

Crée il y a 50 ans à peine, Elpidio, personnage de bande dessinée et d’animation cubaine, a marqué plusieurs génération à Cuba.
Il représente les guérilleros qui s’unirent à la fin du XIX siècle pour libérer le pays du joug espagnol.
L’occasion pour l’île de rendre hommage à son créateur Juan Padrón, pape de l’animation décédé cette année.
Une grande campagne de promotion, avec l’édition de livres, des projections de films et un site Web avec des informations inédites, rend hommage au caricaturiste cubain et à son personnage

Juan Padrón et sa création, Elpidio Valdés

Un demi-siècle après sa création par le dessinateur cubain Juan Padrón, Elpidio Valdés revient au combat la machette à la main. Le personnage, un colonel mambí [1] sympathique de l’époque de la guerre d’indépendance, en combat permanent contre les troupes espagnoles du général Resoplez, a marqué l’enfance de générations de Cubains jusqu’à faire partie de l’identité de l’île. 
Pour célébrer son demi-siècle de vie et rendre hommage à Padrón, décédé le 24 mars, sa famille ainsi que le ministère cubain de la Culture et l’Institut cubain de l’art et de l’industrie cinématographiques (ICAIC), entre autres institutions, ont lancé « Mucho Machete por dar todavia » [2], une grande campagne promotionnelle qui prévoit la publication de livres, des projections de films, la création de profils sur les réseaux sociaux et un pack d’autocollants Elpidio avec ses phrases les plus célèbres - disponibles pour WhatsApp et Telegram -, ainsi qu’une page web avec des informations peu connues ou non publiées sur les personnages créés par Padrón.

1970

La première bande dessinée d’Elpidio Valdés a été publiée dans le magazine cubain pour enfants « Pionero » en août 1970. Curieusement, le personnage est né dans une histoire de samouraï, mais dès que Padrón l’a dessiné, il a senti sa veine et a fait de lui le protagoniste d’une saga d’aventures. Dans le profil désormais créé sur Facebook et Instagram (ElpidioValdesOficial), la véritable histoire de la naissance d’Elpidio est racontée le 24 mars 1970, le même jour que la mort de Padrón, mais 50 ans plus tôt.

L’amour...

L’humoriste avait 23 ans et les caprices de l’amour l’avaient conduit à Saint-Pétersbourg, où il vivait avec sa première femme, de nationalité russe. Il avait été confiné chez lui pendant des mois avec un rhume affreux, une envie de soleil et de rhum cubain, quand la lumière s’est allumée alors qu’il travaillait sur un dessin animé mettant en vedette un samouraï nommé Kashibashi. 
« C’était à Leningrad, en dessous de zéro et avec un mal de pays carabiné. J’ai tellement aimé travailler avec le personnage cubain que j’ai jeté tout ce que j’avais dessiné de Kashibashi. Je suis allé au marché et j’ai acheté une bouteille de vin rouge moldave, un carton de Light [cigarettes], du pain noir et une demi-tome de gruyère, et j’ai recommencé, mais avec le Cubain comme protagoniste », se souvient Padrón.

Dans cette première aventure, Elpidio est allé au Japon pour détruire une arme secrète espagnole. Dans le suivant, Valdés est de nouveau sorti de l’île pour acheter des armes pour la guerre d’indépendance. Juan Padrón a expliqué qu’il ne savait pas comment dessiner ni les Mambi ni l’armée espagnole. Ce n’est qu’après avoir mené une enquête détaillée et découvert à quoi ressemblaient les uniformes, les grades militaires et les armes impliquées dans la guerre, qu’il a laissé Elpidio traverser les terres cubaines. À propos, cette enquête historico-militaire était si méticuleuse que des années plus tard, Padrón la publierait dans un ravissant volume intitulé "El libro del Mambí" , qui sera réédité avec de nouvelles illustrations et documents dans le cadre de la campagne "Mucho Machete por dar todavia".
Le Fonds cubain pour les biens culturels présentera également 50 ans d’Elpidio Valdés, une anthologie qui rassemble en un seul volume toutes les bandes et BD originales publiées par Padrón de son "pillo manigüero" [3] » (coquin de maquisard).

Histoire de l’insurrection cubaine : Groupe d’insurgés dans le maquis de Manigua

Ciné

En 1974, Elpidio Valdés est passé du papier au cinéma et c’est ainsi que sa consécration définitive est arrivée. Il y a eu des dizaines de courts métrages et trois longs métrages d’animation - Elpidio Valdés (1979), Elpidio Valdés contre dollar et canon (1983) [4] et Elpidio Valdés contre l’aigle et le lion (1995) - dont les dialogues ont pratiquement été appris par cœur par les Cubains. Les gens dans la rue ont commencé à parler comme Elpidio, comme sa petite amie María Silvia ou le cheval Palmiche mais aussi comme l’incapable général Resoplez et ses subordonnés andalous, dans ce cas en zézayant pour se moquer des Espagnols.
Les petits personnages de Padrón ont été l’échappatoire de plusieurs générations d’enfants et de parents, car à l’époque, à la télévision cubaine, il n’y avait pas de Superman ou de Donald Duck, mais des dessins animés russes voisins inconditionnels du bâillement et de la dépression. Sans baratin ni discours didactiques, faisant simplement rire les gens, le héros créé par Padrón a rendu digeste l’histoire des guerres d’indépendance et la compréhension de la façon dont un sentiment d’identité nationale a émergé sur l’île dans la chaleur de ces charges de machette des armées mambises en lambeaux.
La campagne « Mucho machete por dar todavia » durera encore plusieurs mois - l’idée est que celle-ci devienne une sorte d’année Elpidio - et dans ce cadre, la télévision cubaine diffusera sa filmographie complète et une page web sera présentée (en construction) avec des informations sur les personnages principaux de cette légendaire série cubaine ainsi que sur son créateur, Juan Padrón, prix national de l’humour (2004) et du cinéma (2008) et auteur de Vampiros en La Habana,

Visible en version originale sous titrée en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=jZMGaXlt9DQ

un autre joyau de l’animation cubaine, comparé par des critiques américains avec des films cultes tels que « Fritz the Cat » et « The Yellow Submarine ». Le premier pack de 25 stickers Elpidio est maintenant disponible et a été un succès total. Dans les conversations WhatsApp, les Cubains se disent déjà au revoir avec l’image du mambí souriant et de son fameux « Hasta la vista, Compay », ou l’exclamation de son cheval Palmiche : « Ay mamacita, que dolor ! » [5]


[1Les mambises (pluriel de mambí) sont les guérilleros cubains, soldats réguliers ou non, qui prirent part aux guerres d’indépendance cubaines du XIXe siècle.

[2Beaucoup de machettes à donner

[3Manigua : maquis tropical cubain

[5Oh ma poupée, quelle douleur !


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